Aujourd’hui, la ministre doit faire face à sept recours portés par des professionnels du secteur regroupé au sein de cinq plates-formes ou collectifs. « Ce texte balaye purement et simplement le métier de psychothérapeute et ne retient que l’acte psychothérapeutique qui devient un acte médical défini. Toute souffrance ou questionnement psychique est réduit à une maladie à traiter, à guérir, explique Natacha Rome, porte-parole des cinq plates-formes. Cette nouvelle loi nous laisse perplexes, interrogatifs, insécurisés… quant au devenir de nos pratiques qu’elles soient institutionnelles ou privées et quant aux conséquences pour toute personne qui consulte ou souhaiterait consulter ».

 

Parmi les griefs portés auprès de la Cour constitutionnelle ou du Conseil d’État, un premier a déjà porté ses fruits : les mesures transitoires qui encadrent le travail des professionnels non reconnus par la loi ont déjà été suspendues en décembre dernier. S’y ajoute un recours autour de la « paramédicalisation de la psychothérapie » tandis qu’un autre s’intéresse aux contours de la loi jugés trop flous en regard du travail d’écoute de toute une série de professions psychosociales. Recours encore pointant le risque de fermeture des instituts de formation et la constitution du conseil d’avis. Recours enfin pour faire reconnaître une « erreur manifeste d’appréciation concernant la nature de la profession de psychothérapeute ».

Les plates-formes et collectifs qui représentent, assurent-ils, des centaines de milliers d’usagers sortent donc la grosse artillerie pour contrer une loi qui ferait la part trop belle « à la standardisation des soins de santé mentale » dit Bernard Dumont pour le collectif Alter-Psy, et démontrerait la « méconnaissance par la ministre de l’intérêt de la psychothérapie et de la relation d’aide en santé mentale ».